Isaac Newton, père de la théorie de la gravitation, se pencha assez tôt sur le problème de la nature de la lumière. Selon lui, la lumière est composée de corpuscules soumis à l'action de forces. De ce fait, Newton en fait une étude purement mécanique. Cela donna une grande crédibilité à sa théorie (la mécanique de l'époque est en pleine expansion) malgré les multiples incohérences que comporte son modèle. Il commence par lire les ouvrages de Kepler, Barrow et Hooke traitant du phénomène des couleurs. Il se procure un prisme et entreprend des expériences qui le mènent à la question suivante : les couleurs font-elles partie de la lumière ou sont-elles crées par la surface réfléchissante? Après plusieurs expériences supplémentaires, il en arrive à la conclusion que les couleurs appartiennent à la lumière et postule que les corpuscules qui la composent sont de type différents, ce qui donne une impression de ``couleur''. En ce qui concerne la réflexion, Newton se heurte à plusieurs problèmes et confronte sa théorie à celle de Descartes qui assimile la réflexion à un rebond de la lumière sur la surface des objets. Or, si la cause était effectivement un rebond, celui-ci résulterait des chocs des particules de lumière sur les particules constitutives des corps ; l'intensité de la réflexion étant la plus grande dans le vide, il devrait y avoir plus de parties constitutives dans le vide que dans le verre ! Newton ne peut que rejeter le modèle cartésien. Selon les principes de sa nouvelle mécanique, la déviation ne peut alors que résulter de l'action d'une force. Selon lui, cette force est perpendiculaire à la surface de réflexion et s'exerce au point où la lumière frappe la surface. Elle agit à très faible distance et son intensité décroit avec l'éloignement du plan. Pourtant un même rayon peut-être ou réfléchi ou réfracté par un même milieu. Newton le sait et tente de résoudre ce problème par le calcul. Il retrouve ainsi les lois de Descartes et postule que la vitesse de la lumière doit être plus grande dans les milieux à fort indice que dans ceux à faible indice. Cette conclusion avait déjà été qualifiée d'absurde par Fermat et Grimaldi. Newton répond alors que ``les corps transparents [ doivent avoir ] assez de pores libres pour transmettre la lumière sans obstacle[4].'' Si la force réfractante est assez intense, il y a réflexion, sinon la lumière est juste déviée et c'est la réfraction. Newton parvient ainsi à résoudre le paradoxe précédent. Il va même plus loin en expliquant la dispersion des couleurs dans un prisme en postulant que les particules de lumière ont des masses différentes. Elles sont donc déviées différemment selon la relation fondamentale de la dynamique : F= m.a et il en va de même pour la diffraction de Grimaldi. Newton peut donc formuler sa théorie de la lumière : elle est composée de corpuscules de masses différentes émis par une source et qui se propagent dans le vide à la vitesse de . Lorsqu'elles arrivent à la surface d'un milieu, ces particules subissent l'action d'une force réfringente excitée par eux, perpendiculaire à cette surface, proportionnelle à la densité du corps heurté et qui s'exerce à faible distance de celui-ci. Cette force, en déviant la trajectoire des corpuscules cause à la fois la réflexion, la réfraction, la dispersion et la diffraction. Cependant, Newton sait que sa théorie est loin d'être parfaite. L'idée d'une seule force est séduisante mais comment se fait-il qu'un seul pinceau monochromatique subisse des effets différents, en même temps, comme la réflexion partielle lors de la réfraction ? Grimaldi n'avait-il pas précisé que la diffraction ne s'apparente nullement avec les phénomèmes de réflexion et de réfraction ? Devant ces incohérences, Newton va utiliser toute une série d'artefacts, il va réintroduire l'éther et les ondes, dissimuler ses erreurs sous des artifices de language dans ses Traités, aboutir à des insuffisances toujours plus grandes, il attendra trente-quatre ans avant qu'en 1704, Hooke et Huygens morts, il décide de publier ses travaux menés de 1666 à 1670, il parvient même à expliquer l'optique par sa théorie de la gravité ! Newton n'est plus maître des ses explications. Il le sent et il abandonne la physique pour l'alchimie. Parallèlement, en Europe, Huygens a eu le temps de fonder sa théorie ondulatoire de la lumière.